Au cours des derniers mois, le groupe de travail « Santé des femmes et démence » a élaboré une prise de position. Celle-ci examine les aspects liés au genre dans la démence en accordant une attention particulière à la santé des femmes et en tire des conclusions pour la prévention, le diagnostic, le traitement, la recherche et la planification du système de santé suisse.
Ce document combine une revue de la littérature, des échanges interdisciplinaires, ainsi qu’une analyse consensuelle des sous-types de démence, des trajectoiresd’évolution de la maladie d’Alzheimer, de l’évaluation neuropsychologique, de la prévention, des interventions médicales, des rôles sociaux, des lacunes en matière de recherche et des perspectives numériques.
Résultats : il est prouvé que les femmes sont plus fréquemment touchées par la maladie d’Alzheimer et peuvent présenter une évolution plus rapide (d’un trouble neurocognitif léger vers une démence) accompagnée d’un déclin cognitif plus marqué, ainsi que des profils neuropsychologiques spécifiques. Des performances en mémoire verbale supérieures chez les femmes peuvent masquer une maladie d’Alzheimer à un stade de précoce et retarder le diagnostic, ce qui souligne la nécessité d’une évaluation longitudinale et individualisée utilisant des normes actuelles adaptées à l’âge, au niveau d’éducation et au sexe. Les mesures de prévention devraient tenir compte des facteurs de risque spécifiques aux femmes, tels que les changements cardiométaboliques après la ménopause, la dépression, l’activité cognitive tout au long de la vie, la perte auditive et le stress lié aux tâches de soins. Les données probantes en faveur d’un traitement hormonal substitutif ou d’un traitement médicamenteux de la démence spécifique au sexe ne sont toujours pas concluantes. Les femmes restent sous-représentées dans la recherche sur la démence et dans les analyses spécifiques au genre.
Conclusion : une prise en charge de la démence adaptée au genre est indispensable pour garantir un diagnostic approprié, un traitement précoce et une prévention efficace. La pratique clinique, les cohortes de recherche et les politiques en Suisse devraient systématiquement intégrer les connaissances spécifiques au genre afin d’améliorer la santé cérébrale des femmes et la prise en charge de la démence.